Abidjan, 12 dec 2021 (AIP)- Le Réseau des professionnels des médias, des arts et des sports engagés dans la lutte contre le Sida et la promotion de la santé en Côte d’Ivoire (REPMASCI) a ouvert samedi 11 décembre 2021, lors d’une conférence de presse tenue à l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP), à Abidjan Plateau, les Journées nationales des médias engagés contre les violences basées sur le genre (VBG).

Au cours de cette rencontre, les hommes de médias ont été instruits sur les VBG, qui est un acte nuisible perpétré sur tout individu (homme ou femme) en violation grave des droits humains et leurs conséquences. Ils ont planché sur des solutions qui peuvent être mises en œuvre pour que le taux des victimes baisse et pour une meilleure prise en charge socio-médicale.

En effet, selon Mme Aman Kouao Bilé, membre du Comité national de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, une structure du Ministère de la Femme, de la famille et de l’enfant, en 2020, il y a eu 5.405 VBG dont 828 cas de viol, 20 cas de mutilations génitales féminines, 1.280 agressions, 96 mariages forcés sur des mineures de moins de 18 ans, 167 cas de violences domestiques. Ces actes ont été renforcés avec le confinement dû à la COVID-19.

“L’Etat ne dort pas sur ses lauriers car il a été créé à ce jour, 79 plateformes dans des centres sociaux, une prise en charge des cas, un centre de prévention situé dans la commune d’Attécoubé, une ligne verte +116+, la collecte des données, un code pénal renforcé… Le travail continue avec la collaboration de tous, à savoir, les autres structures étatiques (ministère de la Santé, ministère de la Justice et celui de la Sécurité), les médias et la société civile”, a-t-elle expliqué.

Pour Dr Fatim Tall, gynécologue-obstétricienne en charge des questions de santé de la femme et de l’enfant au Bureau pays OMS Côte d’Ivoire, les VBG constituent un problème de santé publique. “Il y a soit le décès de la victime, soient des dégâts corporels, psychologiques et émotionnels, des grossesses non désirées, des accouchements prématurés, des troubles du sommeil… “, a-t-elle soutenu, avant d’inviter l’implication des prestataires de santé.

“Etant la première interface des victimes, le personnel médical doit être formé à écouter, identifier/déceler, mais aussi être capable de prendre en charge les cas et pourquoi pas les orienter selon les procédures du pays, tout en respectant la dignité de la victime. En réalité, pour une meilleure lutte, il faut un leadership fort de l’Etat et une meilleure coordination des activités terrain de la société civile”, a-t-elle souhaité.

“Il y a ce que nous, société civile, pouvons faire et il y a ce que la victime nous permet de faire. Nous travaillons beaucoup plus dans l’écoute afin que les victimes et/ou leur famille puisse dénoncer les auteurs de ces actes. Ensuite nous les référons, selon le besoin, dans un établissement sanitaire, à la police ou la gendarmerie”, a déclaré la présidente fondatrice de l’ONG Vivre sans violences, Mme Nathalie Kouakou. Elle a lancé un cri de cœur pour non seulement la gratuité du certificat médical des victimes des VBG, mais également la prise en charge psychologique des personnes exerçant les violences.

“Pour exemple, une femme violentée retournera auprès de son mari dans son foyer. Cet homme doit être, pourquoi pas, suivi au niveau psychologique pour un meilleur équilibre. Aussi, nous souhaitons une bonne éducation familiale pour nos enfants quel que soit le sexe, car ils représentent une société équilibrée à venir, la scolarisation de la petite fille, ainsi que la représentation des femmes au sein des instances décisionnels pourra améliorer la perception des personnes vulnérables sur la question”, a-t-elle poursuivi.

Cette assertion a été soutenu par le Secrétaire exécutif de l’ONG SOS violences sexuelles, Assane Morronyh. Il a insisté sur la mise en œuvre effective de l’outil national pour une meilleure interaction de tous les acteurs impliqués dans la lutte multisectorielle contre les VBG, avant de présenter cet outil à l’assemblée.

Le président du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), Bamba Youssouf, a plaidé auprès des ONG, des structures étatiques et des partenaires au développement, en vue d’impliquer les médias dès la rédaction de leurs projets, pour une meilleure implication et une prise en charge de la presse, afin d’avoir un large écho de leurs activités. “Nos canaux de diffusion et nos messages vont jusqu’au cœur des communautés, ne les négligez pas. Nous sommes une presse de développement”, a-t-il affirmé.

Ce panel a été organisé par le REPMASCI dans le cadre de la clôture des activités des « 16 jours d’activisme contre les VBG » institués à travers le monde et également dans le cadre de la Journée mondiale des Droits de l’homme qui se tient chaque 11 décembre.